2 août, le jour du reste de notre vie

Aujourd’hui, jour du dépassement, nous franchissons la frontière de notre propre existence. Le constat est sans appel. En effet, en ce 214ème jour de l’année, nous avons consommé toutes les ressources et demandé à la Terre d’absorber son cota pour une année, il nous en reste 151, à crédit. Il s’agit là d’un jour de deuil pour l’humanité, face à son incapacité à garantir la survie des générations futures et de leur environnement. Ce 2 août, la mort précède la vie.

Freud disait que chaque civilisation portait en elle, les conditions de sa propre perte. Il semblerait que la civilisation occidentale ne soit pas exempte de cette règle. Elle porte en elle les germes de la destruction de son environnement et avec lui, de sa propre disparition.

Pris de spasmes qui annoncent son déclin, le vieux système lutte pour la survie de ses symboles auxquels il s’attache compulsivement : la croissance économique, le progrès technique, l’homme Prométhéen au-dessus de toutes les autres espèces, au-dessus de toutes choses, la mort incluse. Inconscient de sa démesure, il en prendra bientôt conscience lorsque la mesure froide et implacable se présentera à lui : effondrements des écosystèmes, crises des ressources naturelles dont l’eau potable, pollutions atmosphériques et sécheresses insoutenables, migrants environnementaux par millions et la liste est longue. Non, il est inconcevable de croire en la survie de ce système. Sa fin est déjà annoncée, ne se présente à nos yeux que sa lente agonie.

Cependant, il ne s’agit pas de perdre tout espoir. Dans ses paradoxes et à la vue du péril qui s’annonce, des pulsions de vie émergent partout au sein de cet organisme mourant. Des anomalies internes au système ou externes à lui, des individus réflexifs sur eux-mêmes prêts à se et le remettre en cause, des personnes capables de rêver et de bâtir un ailleurs.

La biodiversité a traversé les époques et les crises grâce à sa complexité, à la diversité de ses espèces, à leurs traits évolutifs et à leurs nombreuses interactions. La raison cartésienne qui sépare et compartimente la pensée a permis le développement des expertises dans de nombreux domaines et disciplines scientifiques, mais n’a en aucun cas promu la diversité et donc la vie dans ce qu’elle a d’essentiel. La logique froide et calculatrice de la rationalité économique, qui a étendu son empire dans toutes les sphères de notre existence, poursuit son entreprise de destruction. Bien heureusement, des forces génératrices existent partout sur notre globe et de par leur diversité, nous permettent de tisser la toile complexe de la vie.

Ce texte peut vous semblez sombre et je mesure les risques que j’encours avec de telles prises de position. Cependant, vous serez aimables de ne pas en vouloir à un homme endeuillé.

Damien Soldadié.

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